Que retenir de la soirée d'hier "L'Europe d'après" ?
D'abord l'engagement de jeunes décideurs de toute l’Europe qui ont eu la chance de réussir jusqu'à présent leur vie professionnelle et qui éprouvent une responsabilité à l’égard du continent qui a contribué à leur succès. De jeunes décideurs dont le premier événement politique majeur a été la chute du mur de Berlin et qui veulent aussi par leur engagement pour l'Europe - je pense par exemple à Christian Mandl, le fondateur de la compagnie aérienne Sky Europe qui est un héros en Slovaquie, à Matthieu Pigasse, un banquier qui s'engage dans un univers où la discrétion limite généralement tout engagement de nature politique, à Joaquin Munoz qui a décidé de faire de son action pour le commerce équitable un engagement européen...- en susciter d'autres et briser le tabou qui prévaut parmi nombre de jeunes professionnels du "low profile" au service d'une cause. Car, quand on travaille en entreprise, s’engager pour une cause comme l’Europe n’est pas forcément bien perçu, c’est assimilé à de la perte de temps voire d'énergie ou don c d’efficacité professionnelle par les employeurs.
Ensuite des idées fortes, concrètes volontairement polémiques pour préparer "l'Europe d'après" la crise comme par exemple :
1. Une incarnation et un leadership politique forts grâce à un président unique pour la Commission européenne et le Conseil européen (le traité de Lisbonne rend possible le cumul des fonctions sans l’institutionnaliser) désigné selon une procédure de sélection et d'investiture transparente
2. Une relance de la dynamique franco-allemande ouverte aux pays de la zone euro :
- Avec un acte politique majeur, la fusion de la dette publique des deux pays (une idée développée par M.Pigasse dans son ouvrage "le Monde d'après" ) qui aurait pour conséquence de créer à court terme une gouvernance commune pour les politiques économiques, monétaires et fiscales de la France et de l'Allemagne et qui constituerait une préfiguration d'un futur gouvernement économique de la zone euro
- Une action concertée de la baisse de la TVA sur les services de proximité peu intenses en importations et permettant de préserver des dizaines de milliers d'emplois
3. La mise en place d'une véritable stratégie européenne de développement durable :
- Avec la nomination d’un premier vice-président de la Commission européenne chargé du développement durable
- Un plan européen de formation aux métiers du développement financé par les marges du budget communautaire
4. Le renforcement de la solidarité européenne :
- Avec la création d’un Fonds Monétaire européen doté de la capacité d’emprunt et ayant pour mission de mettre en œuvre des aides personnalisées en cas de défaut de paiement ou de crise monétaire d’un Etat membre de l’Union
- La création de prêt à taux zéro de Banque européenne d’Investissement pour les jeunes suivant un programme de mobilité en Europe ( type Erasmus, service volontaire, ou Léonard pour les apprentis…)
- …
Ceci n’est qu’un aperçu des propositions discutées, certaines étant faites pour provoquer le débat d’autres, la plupart, pouvant être mises en œuvre à court terme.
Enfin, un état d’esprit, l’envie de travailler ensemble, de s’inscrire dans la durée et de mobiliser tous ceux ou du moins le plus grand nombre possible parmi ceux qui ont la volonté de politiser l’Union et de faire que l’Europe reste le laboratoire du monde de demain.
Les commentaires récents