La fin du AAA, c'est maintenant !
Ce qui était annoncé depuis des semaines est arrivé. La dégradation française par Stantard & Poors avec celle de 4 autres pays européens dont la réputée vertueuse Autriche, mais aussi l'Italie ou l'Espagne, était attendue et anticipée par les marchés depuis plusieurs mois avec un taux d'intérêt français sensiblement plus fort que celui de l'Allemagne.
Les conséquences sont lourdes : déséquilibre politique et économique par rapport à l'Allemagne accru, taux d'intérêt plus élevé pour l'ensemble des emprunteurs français (banques, Etat, collectivités locales...), nécessité de crédibiliser la politique de compétitivité et de réduction de la dette, accroissement de la charge de la dette...
Cette fragilisation impacte aussi le système européen, le fonds européen de stabilité va devoir emprunter plus cher, cela met une pression supplémentaire sur les autres pays européens Allemagne compris qui était également menacée d'une dégradation.
Et pour les candidats à la présidentielle, cela réduit leur marge de manoeuvre, tout candidat ayant une chance de succès, et donc tout particulièrement François Hollande, verra son programme osculter en détail par les agences de notation, qui menaceront d'une dégradation supplémentaire si elles considèrent que ces programmes ne sont pas crédibles.
Cette affaire est donc une mauvaise nouvelle à la fois pour la démocratie, pour la France et pour l'Europe.
Si l'Europe veut éviter que le cycle infernal de la dégradation se poursuive, il va falloir définir une trajectoire de retour à la croissance crédible, c'est la faiblesse que Standard & Poor's souligne en critiquant ce cercle vicieux d'austérité et de récession. Et c'est justement ce que les Européens ne réussissent pas à faire depuis 10 ans. C'est donc un vrai débat politique européen qui s'ouvre.

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