C’est aujourd’hui qu’Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen animera sa première réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union. Il voulait conduire à cette occasion une réflexion de fond sur l’avenir économique et social de l’Europe. L’actualité le sert au delà de tout espoir avec la crise sévère de l’endettement qui sévit en Grèce et qui menace de se propager en Espagne, au Portugal ainsi qu’à d’autres pays de l’Union au risque de décrédibiliser durablement la monnaie unique et d’affaiblir un peu plus l’ensemble des économies européennes. Pour Van Rompuy, c’est l’heure de vérité, c’est aussi l’occasion de faire ses preuves de patron des chefs d’Etat et de gouvernement et donc d’affirmer son leadership.
Premier défi : mettre fin à la spéculation contre l’euro lié au pari des fonds spéculatifs que la Grèce mais aussi le Portugal et l’Espagne ne seront pas en mesure d’honorer le remboursement de leur dette. Pour relever le défi, Van Rompuy n’a pas intérêt à rentrer dans une polémique vaine pour savoir si les traités autorisent ou non l’Union à venir en aide à un Etat défaillant. Affirmer la solidarité de l’Union et des Etats membres en coordination avec la Banque Centrale Européenne devrait suffire à court terme à rassurer les marchés pour peu que la Grèce y mette du sien, ce qui signifie qu’elle accepte de réduire drastiquement son budget militaire qui explique une large partie de son déficit budgétaire mais aussi de sa dette publique. Mais pour prévenir des crises spéculatives futures, le Conseil devra proposer une solution plus innovante, la création à terme d’un fonds monétaire européen qui jouerait le rôle du FMI pour les pays de l’eurozone et organiserait les plans de sauvetage nécessaires.
Second défi : s’attaquer aux racines du mal. Le problème de l’Espagne ou de la Grèce est moins le niveau d’endettement élevé que l’incapacité à rembourser à l’avenir en raison d’un potentiel de croissance durablement affaibli et d’une mauvaise stratégie économique. La faiblesse de la croissance potentielle n’est pas un problème spécifique à ces pays, c’est un problème qui concerne l’ensemble des Etats-membres de l’Union. C’est le résultat du vieillissement des populations européennes, d’une concurrence mondiale accrue et d’un euro durablement surévalué. Pour y faire face, deux solutions : une gouvernance de la zone euro, c’est-à-dire une meilleure coordination des politiques économiques des Etats-membres, une véritable stratégie de change mais aussi une stratégie d’investissement à long terme dans les industries et services du futur et dans la formation tout au long de la vie, ce sont les conditions pour rassurer les marchés dans la durée.
Dernier défi : une solidarité budgétaire durable. L’Europe connaîtra d’autres crises. La France ou l’Italie pourraient à leur tour être menacées, ce qui ne serait dans l’intérêt de personne, Allemagne comprise. Deux économistes Sylvain Broyer et Costa Brunner préconisent la mise en place d’un fédéralisme fiscal qui aurait des bénéfices immenses en autorisant une croissance potentielle plus forte et en accélérant la convergence des économies européennes. C’est audacieux mais voilà le type de débat qui pourrait occuper utilement les chefs d’Etats et de gouvernement.

On note que parmi les 20 premiers, il y a 10 pays de l'Union Européenne, ce qui est vraiment très bien. Parmi les plus mauvais, on trouve les Balkans au sens large (Grèce, Bulgarie et Roumanie 71èmes , Monténégro 69ème, qui est un pays associé). Les meilleurs de l'ancienne Europe de l'est communiste sont la Slovénie et l'Estonie (27èmes ). Tous les autres sont situés dans la zone très moyenne dont on peut extraire la France 24ème, l'Espagne 32ème et le Portugal 35ème
Comparaison n'est pas raison, mais il n'empêche que les pays qui ont actuellement des problèmes financiers ne sont pas parmi les parangons de l'incorruptibilité.
Il faut aussi remarquer que notre pays, dont l'endettement devient très préoccupant, comme notre la classe politique ne le dit pas, n'est pas loin de "la zone de relégation", comme aiment à dire les journalistes sportifs !
Rédigé par : deguisement chien | 28 février 2010 à 17:41
Monsieur Klossa,
J'ai vu votre tribune dans Metro. Bravo pour votre site, un des plus limpides sur l'Europe. Continuez
Rédigé par : Valérie Tad | 11 février 2010 à 19:19
Le FMI ne devrait-il pas intervenir ?
Rédigé par : Pierre Andrieu | 11 février 2010 à 08:02