A Bruxelles où j'étais le soir de sa désignation, les chauffeurs de taxi wallons regrettaient déjà son départ. Si Herman Von Rompuy n'a pas fait disparaître les problèmes belges et les tensions qui opposent les communautés, il a pacifié un terrain sensible et pour cela les Belges lui en sont grés.
Est-il un grand Européen ? fera-t-il progesser l'idée, l'unité et l'efficacité européennes pendant son mandat ? Laissons-lui le temps de faire ses preuves comme l'a suggéré Jacques Delors se souvenant que sa propre nomination à la tête de la Commission n'avait pas été toujours accueillie avec ferveur par les plus européens, que lui-même était à l'époque largement un inconnu au-delà de son pays, et que maintenant tous le regrettent.
Saluons le courage et la magnifique campagne de Vaira Vike Freiberga qui aurait montré à tous que la ressortissante d'un petit Etat balte avait la carrure et les qualités pour porter et incarner les plus hautes fonctions européennes ! Saluons également une candidature qui aura servi les femmes et incontestablement facilité le choix, à la suprise générale, de l'une d'entre elles, Catherine Ashton, comme haute représentante.
Maintenant que les nouvelles institutions entrent en vigueur, le temps de l'action est revenu et les Européens n'ont plus d'excuses pour ne pas relever le défi qui est le leur, éviter un déclin annoncé et retrouver un leadership durable dans un monde en mutation profonde et rapide.

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