Barroso sera très probablement et sans débat de fond reconduit à la tête de la Commission européenne demain 16 septembre.
Plus petit commun dénominateur, il aura pourtant passé avec brio les oraux du Parlement européen sans pour autant que personne ne s'en trouve complètement satisfait.
La conviction partagée, c'est que la Commission et son président doivent impulser une véritable dynamique de propositions et être capable en période de crise de briser les tabous et remettre l'intérêt général dont elle est la garante au coeur du projet européen, choses que Barroso n'a pas su vraiment porter jusqu'à présent.
Maintenant il s'agit de faire avec Barroso et surtout d'être vigilant. Dans la période actuelle, la Commission européenne doit se reprendre, mieux fonctionner, les Commissaires doivent apprendre à collaborer, coordonner et mutualiser leurs efforts plutôt que de se faire une concurrence stérile comme c'est trop souvent le cas dans certains conseils comme le Conseil compétitivité. Le Parlement européen ne doit pas hésiter à pointer les dysfonctionnements de la Commission et exiger d'elle plus de cohérence et d'initiative. Le vote d'investiture des commissaires devrait permettre un tel débat.
Mais Barroso et la Commission ne sont pas tout. Si les Irlandais votent pour le traité de Lisbonne, le futur président du Conseil et le Haut représentant auront un rôle majeur dans le choix des orientations de l'Union, rôle d'impulsion, de proposition, de conviction. Le choix des personnalités est donc clé et on ne peut se dispenser sérieusement d'un débat public avec plusieurs candidats en lice.
Or aujourd'hui, pour ne parler que de la présidence du Conseil, seul Blair fait une campagne active et systématique auprès des chancelleries de l'Union. Felipe Gonzalez, un temps tenté, se trouve de facto évincé par la reconduction d'un ibérique à la tête de la Commission européenne et les Chefs d'Etat et de gouvernement ne proposeront en l'état actuel personne d'autre à moins que l'un d'eux se déclare ou du moins montre un intérêt pour la chose.
La démocratie voudrait que plusieurs candidats soient en concurrence pour que le débat puisse avoir lieu. Les Européens convaincus doivent aujourd'hui ouvrir l'horizon et plutôt que de se lamenter sur le choix de Barroso comme c'est le cas dans une partie de la presse européenne aujourd'hui proposer des candidats crédibles pour le Conseil et ce qui sera de facto le futur Ministère des Affaires étrangères de l'Union.
C'est ce trio Président du Conseil / Haut représentant/ Président de la Commission qui incarnera l'Union et Barroso seul.

Le choix de Barroso est un choix hautement symbolique de l'état de notre Union européenne.
En effet, Barroso est élu par défaut d'une véritable AFFIRMATION du PARLEMENT. Les parlementaires en majorité ont joué leurs ambitions personnelles ou les équilibres politiciens au détriment de l'intérêt du parlement et de l'union.
Les gouvernements l'ont choisi car il sera le plus accomodant face à des gouvernements qui ne demandent qu'à travailler tranquillement chacun dans leur coin. Ils préferent donc, une commission affaiblie qui traduise aussi un parlement affaibli.
L'union est donc en Stand by. Pas de stratégie commune ni au Parlement, ni à la commission, ni au conseil des ministres.
Une démocratie parlementaire qui se coupe elle meme les mains, il faut le faire !!.
Il restera juste les gesticulations de Sarko avec ou sans Angie et je ne sais quel chef de gouvernement en mal de communication.
Tout cela ne fait pas un projet européen, ni ne trace une ligne politique claire.
Pourtant, la crise et l'état de l'union exige plus que jamais une stratégie politique commune européenne assise sur un projet global de société qui respecte nos principes de démocratie et de développement européen.
Barroso, c'est l'aveu de notre impuissance et le refus d'oser construire une véritable europe.
Rédigé par: Philippe Harquet | 08 octobre 2009 à 20:58