Voilà tout juste un an, Bronislaw Geremek nous quittait. L'historien, militant de Solidarnosc, le ministre des Affaires étrangères de Lech Walesa, l'eurodéputé, s'était affirmé comme l'honnête homme européen par essence et suscitait le respect et l'admiration de tous.
J'ai eu le bonheur de le croiser dans le cadre de Paroles d'Européens!, le programme de débat public que nous avions lancé quelques mois avant le début de la présidence française, à Lille d'abord le 7 mai 2008, où nous avons déjeuné en petit comité avec lui et Lilli Gruber, l'ancienne journaliste star de la RAI et europédéputée italienne, puis aux seconds Etats généraux de l'Europe à Lyon le 21 juin suivant.
Deux paroles m'ont frappé alors "N'oubliez jamais l'élan de liberté que l'Europe représente, c'est cet esprit que nous devons protéger et porter, c'est un bien extraordinaire", puis ses mots sur le traité de Lisbonne "celui qui a eu cette idée mérite le prix Nobel de la paix" disait-il tellement convaincu que ce traité, s'il était adopté, constituerait une étape importante vers une Europe politique et plus largement, un peu utopique, vers un monde meilleur.
Début juin à Varsovie, nous discutons de Geremek avec un intellectuel polonais. Il me rappelle que, quand Walesa a été élu président au lendemain de la chute du mur, se posait la question de nommer Geremek premier ministre. C'était sans doute le meilleur choix pour la Pologne, mais à l'époque, il demeurait inpensable de nommer un premier ministre juif à la tête du pays. Geremek serait donc ministre des affaires étrangères. 20 ans plus tard, la Pologne a changé et il serait intéressant de savoir comment se poserait la question.
Hasard du calendrier, c'est aujourd'hui que devrait être nommé le premier est-européen à la tête du Parlement européen, l'ancien premier ministre polonais, Jerzy Buzek, un ancien de Solidarnosc et membre du PPE. Il y a tout juste 5 ans, Geremek était le candidat malheureux des démocrates et des libéraux à la tête du Parlement européen !

Les commentaires récents